DENIS BAUPIN, MAIRE ADJOINT EN CHARGE DES TRANSPORTS. II ne s'agit pas de supprimer une voie du périphérique. Il s'agit de dire qu'une partie de l'espace serait réservée à ceux qui sont à plusieurs dans une voiture de façon à favoriser leurs déplacements et donc à inciter à être à plusieurs dans la voiture parce que franchement, une voiture, tout seul sur le périphérique, c'est quelque chose qui occupe un espace considérable, ce n'est pas responsable, ce n'est pas raisonnable. …
Lire la suiteArchives pas mois : juin 2006
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F3 – Edition Paris Ile de France – 19/20 – 19h00
LAURENCE NAHON L'automobiliste en colère risque de voir encore plus rouge : et si le boulevard périphérique réservait exclusivement une de ses voies aux bus, taxis et véhicules propres ? C'est en tout cas une des idées évoquées par les Verts pour le futur plan de déplacement de Paris. Après les couloirs de bus, les pistes cyclables et les trottoirs élargis, certains automobilistes ne sont pas prêts à partager un des derniers axes où ils sont encore prioritaires. CHAUFFEUR Oh non ! C'est déjà la merde ! Moi je suis toute la journée là dessus ! Oh non, s'il vous plaît ! LAURENCE NAHON Ça ressemble à quoi votre quotidien ? CHAUFFEUR Des embouteillages toute la journée. ARTISAN II y en a marre. LAURENCE NAHON Pourquoi il y en a marre ? ARTISAN Parce que ça ne roule plus et que si ça continue, on va tous plier boutique et on va aller travailler ailleurs. LAURENCE NAHON Vous êtes gêné, vous, dans votre activité ? ARTISAN Eh bien vous voyez ! Ça ne roule pas, je suis obligé de prendre le périph' parce que Paris, ça ne roule pas. AUTOMOBILISTE Ça continue, c'est la chasse à la voiture dans Paris ' LAURENCE NAHON File de droite, file de gauche, vidéo-surveillance ; pour l'instant, les détails de cette proposition sont encore à définir mais déjà certains seraient prêts à lâcher le volant. AUTOMOBILISTE Ça peut être une solution intelligente si les correspondances sont assurées. AUTOMOBILISTE C'est bien, oui, effectivement, pourquoi pas, s'ils sont électriques ou s'ils fonctionnent à l'eau, oui, pourquoi pas ! Quitte à ce que ce soit vert, autant que ce soit vert jusqu'au bout quoi ! LAURENCE NAHON Autre grand prioritaire de cette mesure, le covoiturage. Les Verts veulent favoriser le déplacement collectif. DENIS BAUPIN, MAIRE ADJOINT EN CHARGE DES TRANSPORTS II ne s'agit pas de supprimer une voie du périphérique. Il s'agit de dire qu'une partie de l'espace serait réservée à ceux qui sont à plusieurs dans une voiture de façon à favoriser leurs déplacements et donc à inciter à être à plusieurs dans la voiture parce que franchement, une voiture, tout seul sur le périphérique, c'est quelque chose qui occupe un espace considérable, ce n'est pas responsable, ce n'est pas raisonnable LAURENCE NAHON Autre mesure qui fait grincer les dents : le stationnement pourrait devenir payant la nuit. Mais toutes ces propositions doivent être étudiées par le Conseil de Paris en juillet. Les débats promettent d'être houleux. …
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EUROPE 1 – Le journal en direct – 12h39
DENIS BAUPIN Bonjour L.E. Vous êtes l'adjoint au maire de Paris en charge des transports. Vous venez souvent d'ailleurs dans Europe Midi nous parler de vos projets et c'est aussi souvent du poil à gratter pour les automobilistes.D.B. Là, je ne suis pas du tout d'accord avec votre présentation. L.E. Dites-nous, précisez-nous de quoi il s'agit. D.B. II s'agit d'une voie qui serait réservée, justement, au co-voiturage, c'est-à-dire qu'elle n'est pas enlevée aux automobilistes. L.E. Oui, mais enfin il n'y en a pas beaucoup qui partent en voiture à plusieurs en région parisienne. D.B. C'est justement pour les inciter à le faire à plusieurs, mais en plus, ce qui n'est pas précisé dans l'article du Parisien, c'est que cette voie serait aussi réservée pour les véhicules propres, c'est-à-dire les véhicules électriques, GPL, GNV. L.E. Vous avez bien fait de venir. On en apprend plus grâce à vous. D.B. Notre volonté est d'utiliser mieux les voies du périphérique pour inciter à des usages qui sont ceux qu'il faut favoriser en ville. Les taxis, vous l'avez dit les transports collectifs si on décidait de mettre des lignes de bus, par exemple, pour relier les aéroports qui pourraient passer par le périphérique, et puis donc des véhicules qui sont utilisés à plusieurs ou qui sont des véhicules propres Par ailleurs,il s'agit d'une mesure parmi plusieurs centaines que nous comptons proposer dans le plan de déplacement de Paris, parce que nous sommes en train de préparer en quelque sorte la deuxième phase de cette politique. On a beaucoup parlé des chantiers, des infrastructures, etc, qui ont évolué. Ce que nous voulons faire avec ce projet de plan de déplacement de Paris, c'est vraiment donner des nouveaux services à la mobilité : faciliter les déplacements à partir du moment où ces dépassements sont compatibles avec la vie collective. L.E. Je reviens un instant sur ce périph', parce que cela pose problème quand même. Les soirs de match au Parc des Princes, par exemple – il faut deux heures pour aller du Nord au Sud – là, on est sûr d'arriver en retard pour le match. D.B. En général, les gens – les spectateurs par exemple – vont à plusieurs au match, en tous cas on pourrait les y inciter. L.E. Remarquez, là c'est vrai que c'est plus fréquent. Oui. D.B. On pourrait les inciter à y aller à plusieurs plutôt que de prendre deux voitures et chacun dans sa voiture, d'y aller à plusieurs. Comme cela, ils pourront prendre la file et ils rentreront plus vite. L.E. Remarquez qu'avec cette mesure, il n'y aura même plus besoin de limiter la vitesse à 50 kilomètres heure parce qu'il y aura des embouteillages tout le temps. D.B. Mais vous avez tort de penser cela ! Justement, l'idée c'est de mieux utiliser l'espace sur le périphérique vraiment pour faire en sorte que ceux qui essayent d'avoir un comportement citoyen et donc de prendre en compte le fait qu'être tout seul dans une voiture qui a été conçue pour transporter une famille, ce n'est pas la meilleure façon d'utiliser cet outil, et donc d'inciter à penser son déplacement autrement, voire à acheter un véhicule qui soit moins polluant, de façon à prendre en compte aussi le fait qu'il y a des tas de gens qui habitent à côté du périphérique et qui subissent quotidiennement la pollution, le bruit et qu'avoir un comportement où on utilise sa voiture de façon plus compatible avec les autres, ce n'est pas forcément une mauvaise façon de se conduire dans la ville. L.E. Merci Denis BAUPIN, adjoint au maire de Paris en charge des transports, qui fait le point régulièrement dans Europe Midi sur le projet de la ville de Paris pour la circulation dans la capitale. …
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Parti unique, NON « Olivier à la française », OUI.
Certes, rénover les partis est une des clés de la reconstruction. Mais donner la priorité à ce débat, privilégier les compromis internes, y compris par l’affichage de radicalisations de façade, c’était rester inaudible pour de larges pans de la société : celles et ceux qui ont déserté il y a un an, avec qui nous sommes, collectivement, appelés à renouer des fils brisés ou distendus. Face à la droite engagée dans un travail de sape sans précédent, bien plus idéologique et dangereux que certains veulent le croire, face à l’ultralibéralisme qui sous-tend les choix économiques, sociaux et environnementaux du gouvernement, et qui rappellent à ceux qui l’avaient oublié la pertinence du clivage droite-gauche, la gauche ne peut se contenter d’un ravalement de façade et de la perspective d’une alternance. Elle doit non seulement dénoncer et résister, mais aussi démontrer qu’elle est capable de regagner le terrain qu’elle a peu à peu abdiqué ou laissé filer. Bâtir une alternative crédible implique de ne pas laisser ce débat à l’intérieur des seuls partis politiques, chacun chez soi, mais au contraire de jouer collectif. C’est ce qu’exprime un certain nombre d’appels lancés ces dernières semaines. Encore ne faut-il pas mettre la charrue avant les boufs, parler de rassemblement en commençant par stigmatiser et surtout confondre affirmation d’une posture avec construction d’une capacité à changer réellement et concrètement le monde dans lequel nous vivons. L’entrée en convalescence des partis de gauche a précédé un véritable diagnostic. D’où le sentiment que sur le fond rien n’est réglé. Que les vrais débats ont été évacués, les surenchères radicales et l’opposition frontale au gouvernement permettant seules de donner (plus ou moins bien d’ailleurs) le change. Revenir sur la période 1997-2002 constitue un préalable. Sous le choc, ce bilan n’a été fait que partiellement et souvent partialement. Et jamais collectivement. Il serait dommage de ne le faire qu’en creux, en dressant la liste des démolitions engagées par le gouvernement UMP. Il nous faut comprendre et reconnaître collectivement les erreurs commises sur la fiscalité, la justice sociale, les libertés publiques, les enjeux environnementaux. Il nous faut surtout comprendre pourquoi ces erreurs ont été possibles, pourquoi les messages d’alerte n’ont pas été entendus, pourquoi nous n’avons pas été capables de peser en temps réel pour les éviter. C’est notre responsabilité collective de le comprendre et d’en tirer des enseignements pour l’avenir. Ce bilan doit donc être aussi celui de la méthode choisie pour gouverner, de la prise en compte, ou non, de chaque partenaire politique, et aussi des forces sociales qui soutiennent le changement. Nous ne pouvons faire l’impasse sur nos désaccords, sauf à faire le lit de nouveaux malentendus et désillusions. Autoroutes, nucléaire, sans papiers, RTT, agriculture. pour ne prendre que quelques sujets chers aux Verts (dont j’ai la faiblesse de penser qu’ils peuvent contribuer à renouveler profondément le logiciel de la gauche), les divergences ne manquent pas. Certes, les esprits évoluent. En témoignent les écrits récents d’anciens ministres qui, bien que restant au niveau des principes, constituent déjà une rupture significative avec la politique menée il y a à peine plus d’un an. Saisissons l’occasion et voyons jusqu’où peut aller le débat. Ma conviction est qu’à certaines conditions nos désaccords peuvent être surmontés. Si l’on accepte de passer du compromis statique entre appareils, à l’élaboration de stratégies progressives de changement ; si le critère déterminant devient la capacité à mettre la société en mouvement, et non le poids respectif de chaque groupe parlementaire ; si on sait passer de positions pré-établies à la construction commune de solutions forcément nouvelles, parce qu’élaborées avec le souci de créer de véritables dynamiques sociales, nous avons capacité à tracer le chemin du changement. A cet égard, la municipalité parisienne constitue un laboratoire grandeur nature de fonctionnement contractuel d’une majorité plurielle. Les différences de cultures existent. Les Verts ne sont pas les derniers à le manifester ! Mais, dans l’action quotidienne, dans la mise en ouvre pragmatique d’un véritable " contrat de mandature ", la confrontation de l’apport de chacun, ses idées, sa pratique crée une dynamique dans laquelle, manifestement, les Parisiens se reconnaissent et qui contribue à changer concrètement la ville et donc la vie. Pas besoin pour cela d’un parti unique, qui jouerait le rôle d’éteignoir des cultures et des convictions. Au contraire. La gauche aurait tout à perdre à copier la droite. Le conservatisme peut se contenter d’un parti unique. Il n’a pas besoin, lui, de diversité. Le changement, par contre, est multiforme. Il y a place pour une vision socialiste, communiste, écologiste, révolutionnaire du changement. Noyer cette diversité dans une organisation unique (regroupant tout ou partie de ces familles politiques) ce serait déplacer le débat non plus devant l’opinion publique, mais uniquement dans le cadre des rapports de force interne d’une organisation politique. Un appauvrissement démocratique majeur. Pour autant, le statu quo n’est pas mon propos. Reconstruire la gauche implique de redéfinir ses règles de vie commune, et, tout en respectant l’identité de chacun, de dépasser chaque fois que possible la simple juxtaposition des identités, pour passer à la construction d’une culture commune. L’exemple italien de l’Olivier constitue un modèle intéressant. Il concilie une coalition, suffisamment durable pour lui donner une identité spécifique, et l’existence des formations politiques qui la constituent. Et, soit dit en passant, il vient de remporter les élections locales. Osons même aller plus loin et imaginer un " Olivier à la française " dans lequel, au-delà des structures partidaires, les forces sociales et associatives, présentes dans la rue aujourd’hui, altermondialistes, féministes, pacifistes, écologistes, etc. contribueraient à la définition de la gauche de demain. Ouvrons ces débats sans exclusive. L’initiative vivifiante du site gauches.net appelant organisations et individus à réfléchir aux conditions du changement, le 21 juin au Mans, en a constitué un moment. Il faut le poursuivre. en nous demandant toujours, y compris dans la préparation des échéances électorales, comment nous pouvons contribuer non seulement à dire le changement, mais à le faire, vraiment. C’est en créant cet appel d’air que l’on donnera enfin des perspectives à tous les orphelins du 21 avril. Que l’on reconstruira l’espoir à gauche. Denis Baupin …
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