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Publié le 25 septembre, 2006

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Jean-Michel Aphatie – L’Invité de RTL

JEAN-MICHEL APATHIE Bonjour, Denis BAUPIN. Vous avez entendu l'auditrice, là, Juste avant que nous ne prenions l'antenne, «c'est le souk » dans sa rue. C'estune rue qui vient d'être mise en sens unique, et d'ailleurs ça vous devez l'entendre combien de fois par Jour 710 fois, 20 fois, 30 fois ?

DENIS BAUPIN Oui, on l'entend et on entend aussi beaucoup de gens qui nous disent « tenez bon, continuez, cette politique va dans le bon sens ».

J-M.A. Ah ! Vous entendez ça ?

D. B. Oui, bien sûr.

J-M.A. Ah bon ?

D. B. Tous les jours j'ai des gens dans la rue qui me le disent. D'ailleurs,à côté de la rue Ménilmontant, encore hier, quand j'y étais, donc vous voyez c'est un sujet sur lequel il y a des contradictions, il y a des difficultés.

J-M.A. II y a pour le moins polémique.

D. B. Oui. Pourquoi faut-il faire tout cela à Paris ?

J-M.A. Attendez, le nombre de gens que vous entendez, moi, par exemple,c'est un hasard, vous vous entendez des gens qui vous disent, « bravo,
continuez, tenez bon », hier soir j'ai fait « Le grand jury » avec Pierre-Luc SEGUILLON, et puis avant de partir il me dit, « tu as qui demain matin ? »,je lui dis « Denis BAUPIN », « Oh la la, alors dit lui, l'avenue Marceau, il nous a mis en sens unique, c'est un bazar ». Vous voyez, dès qu'on se tourne, pan, pan, les gens ralent.

D. B. Et il y a autant de gens qui vous disent c'est insupportable, la pollution de l'air, le dérèglement climatique, le prix du pétrole qui
augmente, tout ça c'est pas des fantasmes. Toutes ces questions nécessitent que dans toutes les villes on agisse. Alors, c'est momentanément impopulaire. Ok. Mais malgré tout, faut-il pour autant y renoncer ?

J-M.A. Donc, il y a plus de gens qui râlent que de gens qui soutiennent,
c'est ça ?

D. B. Ça, je ne sais pas et nous le verrons.

J-M.A. Si c'est impopulaire.

D. B. C'est impopulaire auprès d'automobilistes et de ceux qui subissentles chantiers. Pour tous ceux qui à Paris utilisent les transports collectifs et qui sont très largement majoritaires, je pense que cette politique est populaire d'autant que d'ici la fin de l'année on va renforcer les transports collectifs parce que, enfin, nous avons les leviers qui vont nous permettre de le faire. Parce que c'était la situation paradoxale et archaïque de l'Ile-de-Françe, jusqu'au mois de mars dernier c'était l'Etat qui décidait en matière
de transport collectif. Mais regardez dans toutes les villes où il y a eu des chantiers, prenez Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Strasbourg, Nantes où on fait des grands chantiers pour le tramway et pour le transport collectif, pendant la période de chantiers, c'est sûr, les gens râlent, et c'est vrai que c'est pénible. Pour nous aussi d'ailleurs c'est pénible. Mais après, les gens reconnaissant que ces chantiers étaient utiles et nécessaires.

J-M.A. C'est un mauvais moment à passer, c'est ça ?

D. B. Oui, et d'ici la fin de l'année nous aurons terminé les chantiers. Dans trois mois, ce sera fini et à ce moment-là on aura le tramway, on aura les renforcements de transport collectif ; le métro, une heure de plus le samedi soir ; les vélos en libre service l'été prochain. Je pense qu'à ce moment-là les gens comprendront que tout ça était nécessaire, difficile, un moment pénible à passer mais indispensable pour la ville de Paris.

J-M.A. Tout ça est-ce que vous l'expliquez à Bertrand DELANOË, le maire de Paris, parce que LE PARISIEN d'hier fait sa Une là-dessus, « Bertrand DELANOË dans la nasse » et décrit un maire un peu… pas très heureux de la situation et pas très optimiste.

D. B. Oui, moi j'ai été très surpris de ce dossier complètement à charge de la part du PARISIEN contre le Maire de Paris et sa municipalité. Il est dit en Une, que les Verts seraient hostiles au Maire de Paris et paralyseraient son action. Hostiles, non, nous sommes dans la majorité, nous sommes des alliés exigeants, indociles, parfois impatients, c'est vrai qu'on remue et que c'est parfois peut-être un petit peu difficile pour les nerfs de nos partenaires de voir à quel poin; nous sommes remuants, mais c'est notre conception de la vie politique, de notre action, du sens de notre action, et nous ne paralysons pas l'action du Maire de Paris, au contraire je crois que plutôt on nous accuse des d'être des alliés impatients, parfois certains décrivent quasiment la situation comme si on avait un revolver sur la tempe du Maire de Paris. Non. On travaille ensemble et cette politique de déplacement nous la co-élaborons ensemble avec le Maire de Paris. J'aurais même tendance à dire si je regarde les commentaires aujourd'hui que les meilleurs alliés du Maire de Paris sur la politique de déplacement ce sont les Verts.

J-M.A. Oui, mais c'est pas… ma question, c'était le maire a l'air d'avoir un petit coup de blues, il a laissé entendre dans une rencontre avec les habitants que peut-être même il ne se représenterait pas.

D. B. Oui, le Maire de Paris dit ça régulièrement.

J-M.A. II a un petit coup de blues, c'est vrai ?

D. B. Ah non, non, qu'il se représenterait peut-être pas et je ne sais pas si ce qu'il pense…

J-M.A. … il vous le dit, il vous le dit à vous.

D. B. Oui, il le dit à tout le monde, mais il le dit depuis le début de la mandature.

J-M.A. Ah ben, à nous, il nous l'a jamais dit, mais bon.

D. B. Qu'il se représenterait peut-être pas ?

J-M.A. Oui.

D. B.  Si, il a toujours laissé entendre que sa décision n'était pas prise.

J-M.A. C'est pas très optimiste ça alors.

D. B. C'est son choix. Il n'a pas forcément envie dès maintenant de découvrir ses batteries sur ce qu'il fera. Il y a peut-être aussi une partie là dedans de dire, il faut mener à terme le mandat pour lequel on a été élu, faire les chantiers pour lesquels nous avons été élus et puis après il prendra sa décision. Ça c'est de son ressort, mais je ne crois pas qu'il ait un coup de blues. Simplement, je ne suis pas certain qu'en effet les difficultés actuelles du Parti Socialiste sur la désignation du candidat à la présidentielle lui facilitent la vie à Paris.

J-M.A. En tout cas, on sent bien que ça flotte puisque à ce conseil municipal, celui qui s'ouvre aujourd'hui à Paris, vous auriez dû présenter le plan de déplacement de Paris et puis il est reporté. Alors, on nous dit début de l'année mais en fait comme il n'y pas de date précise…

D. B. … on devait le présenter en juillet dernier, et c'est vrai que le calendrier était extrêmement serré. Depuis, on a créé la conférence métropolitaine. Enfin un lieu dans lequel sur l'agglomération parisienne nous pouvons discuter avec nos voisins de façon collective, et donc on va s'en servir pour améliorer le plan de déplacement de Paris. Depuis le début, j'ai dit, « élaborer un plan de déplacement de Paris c'est pas très cohérent ». Nous aurions préféré élaborer un plan de déplacement de l'agglomération parisienne parce que le bassin de déplacement des gens qui sont les utilisateurs de Paris c'est l'agglomération parisienne. Il se trouve que la loi nous oblige à faire un plan de déplacement de Paris. Donc, nous allons le faire mais en concertation avec nos voisins, donc on prend un petit peu de temps pour le faire.

J-M.A. Mais alors, vous avez le projet de fermer les voies sur berges, de réserver aux taxis et au covoiturage une file du périphérique ?

D. B. Tous ces sujets sont en…

J-M.A. … des projets qui vont encore aggraver la situation…

D. B. …non.

J-M.A. … de la circulation à Paris.

D. B. Non, qui vont améliorer la situation, éventuellement si un jour on les met place.

J-M.A. Si vous fermez les voies sur berges ça n'améliorera pas la situation.

D. B. Si, si, parce que, excusez-moi, il faut prendre en compte l'ensemble des enjeux. L'ensemble des enjeux de pollution de l'air mais aussi le fait que quand même une grande majorité des gens n'ont pas les moyens d'avoir une voiture et donc améliorer les transports collectifs c'est une nécessité pour beaucoup de gens dans la population. Donc, tous ces projets sont en débat, tous ces projets méritent d'être discutés, regardés dans quelles conditions il faut les faire et de toute façon il y a une condition impérative, c'est qu'on ait développé les transports collectifs de façon suffisamment importante pour qu' évidemment, ça n'entraîne pas des difficultés pour la population Notre objectif c'est pas de réduire la mobilité ? Notre objectif c'est d'améliorer la mobilité et de la rendre écologique, durablement compatible avec la vie en collectivité. Voilà, c'est ça l'objectif. Donc, il faut arrêter de caricaturer ce que nous faisons, il faut que nous-mêmes on arrive à avoir les leviers et depuis qu'il y a eu la décentralisation des transports collectifs, on va avoir ces leviers.

J-M.A. Et qui caricature ce que vous faites ?

D. B. Oh !

J-M.A. Le sentiment que les choses ne se sont pas améliorées au niveau de la circulation, c'est une caricature à votre avis ?

D. B. Oui, c'est une caricature.

J-M.A. Vous trouvez que ça s'est amélioré ?

D. B. Sur les endroits où il y a les chantiers, c'est difficile, il y a beaucoup d'endroits à Paris où ça circule mieux, plus rapidement, sur la rue de Rennes par exemple, aujourd'hui, on circule 25 % plus vite que ce que c'était avant, donc il y a des endroits à Paris où on circule mieux. Simplement, évidemment, ceux qu'on entend toujours c'est ceux qui râlent et ceux qui ont les leviers de pouvoir, et beaucoup d'entre eux, sont malheureusement en voiture.

J-M.A. Vous circulez beaucoup en voiture, vous, Denis BAUPIN ?

D. B. Non, moi, je suis en métro parce que c'est beaucoup plus rapide.

J-M.A. Et ce matin, vous êtes venu en métro ?

D. B. Bien sûr.

J-M.A. Denis BAUPIN, minis… maire adjoint.

CHRISTOPHE HONDELATTE Ministre.

J-M.A. Maire adjoint des transports, de la circulation et des embouteillages.
Je l'aime bien celle-là.

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