Son permis de conduire, il l’a passé en Belgique. Mais il n’a vraiment tenu un volant qu’une vingtaine de fois dans sa vie. Dernier souvenir, l’été dernier : « Trois heures de nuit sur l’autoroute, à 130 km/h, raconte Denis Baupin. J’ai eu du mal à trouver les vitesses. » A 44 ans, le promoteur des couloirs de bus à 4,50 m, des espaces civilisés et autres quartiers verts ne rate pas une occasion de proclamer son allergie à la voiture. Une machine infernale : l’auto, assène-t-il, c’est une tonne d’acier qui pollue. « Moi, je me déplace dans une voiture à 100 places… ça s’appelle un métro. » La dialectique de la poussette et des transports collectifs n’a jamais été pour lui une question. Baupin n’a pas d’enfant. Pas encore. L’adjoint aux transports de Bertrand Delanoë, profil Tintin, houppette blonde, yeux bleus et visage gamin, ne compte plus les lettres de menaces ou d’insultes d’automobilistes. « Il y a une maladie grave, c’est l’écolo-bobo-baupinite, affirmait Patrick Moreau, à la tête d’une association de commerçants à l’époque des travaux boulevard du Montparnasse. Il ne compte plus les menaces, les insultes C’est comme un chien qui a la rage et vous lèche les oreilles : six mois après, vous mourez. » « Il est fou furieux », lance le nouveau directeur de « France Soir » Dominique Jamet, qui a désormais le plus grand mal à se déplacer avec sa fille handicapée. Le journaliste Philippe Tesson, lors de l’enregistrement d’une émission télé, aurait même souhaité voir Baupin passer de vie à trépas. « La prison seulement », relativisait Pierre Bénichou. Réplique de Baupin : « Pour eux, je touche quelque chose de plus profond que leur mode de déplacement. C’est leur place même dans la société. » Depuis six ans, Baupin suit sa boussole. Il veut, et l’opinion le suit, une cité moins polluée. Coûte que coûte. Même si on ne sait plus toujours très bien de quelle ville il parle. Celle qui produit et qui commerce ? Ou un centre historique résidentialo-touristique ? Reste que cet acharnement à prendre la fatalité par les cornes en impose. Baupin sait transiger au long d’innombrables réunions de quartier marathon sans rien céder sur l’essentiel. Il fait ce qu’il dit, tient ses promesses et son tramway dans les temps. D’ailleurs, les sondages d’opinion, tous sans exception, témoignent d’un appui sans faille d’une majorité de Parisiens à sa politique. Du coup, Baupin s’est taillé un costume de patron dans son propre camp. Il est le premier élu Vert à engager une révolution des déplacements dans une métropole mondiale. Et il pourrait être intronisé candidat écolo contre Delanoë pour 2008. Lui-même se ver rait bien ministre des Transports dans un gouvernement de gauche. Michel Charzat, maire PS du 20 e , ironise : « Un très bon technicien, sûrement. Il ferait un excellent secrétaire d’Etat aux voies navigables… » Dominique Voynet : son coach, sa confidente Quand Baupin adhère aux Verts à Saint-Denis en janvier 1989, une carrière politique ne l’intéresse guère. Il est alors expert ès tiers-mondisme à la tête de l’association Terre des Hommes. Très vite, cet ingénieur de Centrale est repéré pour ses qualités de technocrate. A Bruxelles, il devient collaborateur des quatre députés du groupe Verts au Parlement européen. Il a 27 ans. Dominique Voynet devient à la fois sa patronne, sa marraine et son coach. Sa confidente aussi. Un long maternage. Pendant près de huit ans, Baupin lui sert d’« homme de main ». A Bruxelles, elle est secrétaire générale du groupe, lui prépare amendements et résolutions d’urgence. A Paris, elle est porte-parole nationale, lui son assistant, chargé des « campagnes et actions. » Au ministère de l’Environnement dans le gouvernement Jospin en 1997, elle est ministre, lui conseiller. « J’étais un salarié dans un coin. J’écrivais plutôt bien les discours, elle les disait à sa façon… » Puis c’est la rupture. L’émancipation. En 1998, le « petit Denis » devient Baupin. Il quitte le cabinet. Le voilà porte-parole du parti : « Je ne voulais plus être un petit porteur d’eau, j’en avais marre des caprices de diva. » Voynet n’en revient pas. « On lui a dit : tu es fou ! Tu es trop fragile, pas assez convaincant, se souvient-elle. Mais il avait soif de lumière. » Fin des années 80, il scrute le tramway… de Bâle Elu pour la première fois à Paris en 1995, à 33 ans, conseiller d’arrondissement dans le 20 e , il est simple « délégué au réseau vert » du maire socialiste de l’arrondissement. « A l’époque, sa présence n’était pas franchement irradiante, s’amuse Michel Charzat. J’avais même oublié qu’il avait été élu… » Baupin, en 2001, n’a pas non plus la cote dans son camp : « Il sortait du cabinet de Voynet au ministère de l’Environnement qui n’avait pas brillé par sa pugnacité envers les socialistes, rappelle l’un de ses proches aujourd’hui. Il était “PSisé” au possible. » Candidat pour mener la liste des Verts Paris en 2001, il ne passe pas le premier tour. « J’avais été prédésigné par Voynet. Je n’ai pas fait campagne, c’était une erreur. » Jusqu’à la conquête de Paris par la majorité rose verte, l’appétence de Baupin pour les transports reste imperceptible. Olivier Ferri, un ami, et élève comme lui à Centrale, se souvient des années campus : « Etudiant, au début des années 80, il se passionnait surtout pour le tiers-monde et la non-violence. » A cette époque, les deux copains vont régulièrement en stage dans le Larzac pour se former « aux actions pacifistes et aux relations Nord-Sud ». Un petit indice tout de même : « Quand Denis est venu nous voir, ma femme et moi en Alsace à la fin des années 80, il avait voulu aller à Bâle faire des photos du tramway… » Un big bang à la hache, sans états d’âme Ce n’est qu’à l’approche des municipales de 2001 que Baupin trouve sa vocation. Il rédige le programme des Verts Paris au titre explicite : « Dépassons l’automobile ». Juste après la victoire, Delanoë, convaincu de longue date de l’impératif environnemental, lui confie, sans bien s’en apercevoir, un pouvoir considérable. En lui offrant la compétence transports mais aussi la force de frappe administrative : la Direction de la voirie et des déplacements (DVD), émancipée de la tutelle de l’Etat en 2002. Levier de choc mais à spectre limité. Car Baupin ne peut agir en direct ni s ur les taxis (gérés par la préfecture de police) ni sur les métros ou les bus qui sont l’apanage de la RATP. Et dont le financement dépend encore du Syndicat des transports d’Ile-de-France, aux mains du préfet de Région. Restent les rues, les avenues, les carrefours… Et encore pas tous : nombre d’axes stratégiques relèvent encore aujourd’hui de l’auto rité du préfet de Pa ris. C’est donc sur le macadam qui lui reste que Baupin joue son va-tout. Faute de pouvoir impulser une nouvelle offre en transports collectifs, il décide de stranguler la circulation automobile pour rendre irrésistible la demande de bus et de métro. Six ans après, avec les ouvertures de bus le dimanche et du métro la nuit du week-end, c’était finalement pas si mal vu. « De mon passage au cabinet de Dominique Voynet, dit-il, j’ai compris qu’il fallait faire des choses visibles et irréversibles pour que l’opinion publique identifie clairement une politique. » Mais ce fut un big bang à la hache, à la pelleteuse, et sans le moindre état d’âme. A commencer par les couloirs pour bus rapides, les Mobiliens, surnommés un temps « métros de surface ». Une formule ridicule rangée aux oubliettes. « C’est vrai qu’on traçait alors des lignes droites idéales, reconnaît aujourd’hui Baupin. On avait juste sous-estimé la complexité des perturbations des carrefours et des livraisons… » Ainsi va Baupin l’ingénieur : il a une vision panoptique de la ville, où chacun doit emprunter un tuyau désigné. Mais peut-on figer les usages d’une métropole dans des règles de plomb ? Sans souplesse, sans zones grises, sans la déraison de ses habitants, une ville est-elle encore une ville ? Or, dans le rétroviseur de Baupin, ceux qui sont captifs de la voiture n’ont pas droit de cité. Il se refuse longtemps à estimer le nombre de ces minoritaires. Ça l’ennuie ou l’agace, cette question. Tant pis pour les livreurs, les commerçants, les familles avec enfants, les personnes âgées, ceux qui ont de l’arthrose, qui travaillent ou habitent en banlieue, loin de tout RER, ceux qui déplacent des objets encombrants par nécessité professionnelle. Les artisans par exemple. Alors que « ParisObs » l’interrogeait au début de son mandat sur l’opportunité de délivrer une carte de stationnement aux plombiers installés au-delà du périf, il s’emportait : « Pas choquant d’un point de vue environnemental de ne pas inciter les artisans de banlieue à venir dans Paris. » « Denis a les défauts de l’ingénieur, reconnaît un élu Vert. Il n’intègre pas les paramètres affectifs et humains. » « Il a une culture technicienne, préfectorale de la ville qui administre de manière impeccable mais sans tenir compte de la réalité du terrain », renchérit Michel Charzat. Jean-François Legaret, maire UMP du 1 er arrondissement, enfonce le clou : « C’est un doctrinaire étroit parti d’un préjugé de classe : l’automobiliste est un bourgeois. » Peut-être. Mais aujourd’hui, de quel préfet Haussmann se souvient-on ? Du doctrinaire grand découpeur des ruelles et d’innombrables petites églises du vieux Paris ou du refondateur d’une ville moderne, aérée, fluide ? Dans les « zones 30 » de Baupin, près des écoles, les mamans sont plus rassurées. Aux carrefours mieux balisés, les traversées sont plus sécurisées. Et sur certains tronçons protégés, les bus roulent plus vite. D’ailleurs, à bien y regarder, la droite ne remet plus vraiment en cause ces aménagements qu’à la marge. Baupin, très flatté de l’analogie avec Haussmann, en est sûr : l’Histoire est avec lui. La fin du tout-automobile (« Tout voiture, no future », c’est le titre de son livre à paraître) est à ses yeux largement engagée. Toutes les grandes villes du monde s’emploient à faire diminuer une pollution qui atteint partout des seuils critiques. D’autant plus tentant qu’à Paris, 54% des ménages n’avaient déjà plus de voitures quand Baupin arrive à la Mairie. « Une situation qu’on ne retrouve nulle part ailleurs en France », répète-t-il. Crachats et quolibets de l’intelligentsia Reste à trouver la meilleure méthode. L’incitation et la mise à disposition de parkings aux portes de Paris ? Trop improbable. Pas assez radical. Le péage qu’adoptent au même moment Londres et d’autres capitales d’Europe et du monde ? Politiquement incorrect, la sélection par l’argent. Baupin adopte donc la solution extrême. Frontale : la contrainte. Visionnaire ou Khmer vert ? Les deux à la fois… La stratégie de découragement de l’automobiliste a même un nom de code : « le plan pétale » (voir page 15, le schéma inspiré de l’exemple de Strasbourg). Un centre-ville sans transit de voitures et une politique labyrinthique de la voirie qui repousse hors périf tout entrant à quatre roues, sauf bus et taxi. Le « plan pétale », discrètement remisé aujourd’hui, permet de comprendre, jusqu’à l’absurde, l’inspiration de la politique suivie. Résumons : c’est la voiture ou les bus. L’un ou l’autre. « Dès qu’on laisse de la place à l’auto, elle la prend ! », dit souvent Baupin. Une idée force et fixe que le hussard Vert va faire avancer sous les crachats et les quolibets de l’intelligentsia distinguée. A la fois bouclier et bouc émissaire de Delanoë Baupin s’en tape. Lui sort rarement au cinéma ou au théâtre, lit peu de romans, mais avale des piles de notes et de rapports du matin au soir, y compris en vacances. L’ex-joueur d’échecs – il frôla le titre de champion junior de Normandie – se bat pied à pied dans les réunions. Il peut agiter aussi l’oriflamme vert foncé contre les notables socialistes comme lorsque, à 20 ans, il se battait sur le campus de Centrale à Châtenay-Malabry pour la défense des droits de l’homme, promu très vite secrétaire local d’Amnesty International. Il négocie des heures avec les commerçants, les associations de vélos ou de deux-roues moteur, les maires d’arrondissement, enquillant les rendez-vous comme il avalait les kilomètres sur le GR 20 en Corse. Un obstiné, le Baupin. Il sait ce qu’il veut. Et il veut beaucoup. Après un mariage raté à 23 ans avec une centralienne militante elle aussi de la non-violence, il multiplie les aventures, « un prédateur quantitatif », glisse un proche. « Il a un ordinateur dans le cerveau », dit Jean-Vincent Placé, le patron des Verts à la Région. Dans la main aussi : il ne quitte jamais son téléphone portable et son stylet. « Il a un côté j’y pense en me levant, j’y pense en me couchant », résume Anne Le Strat, conseillère Verte de Paris. « Les chantiers, ça fait bander les ingénieurs, confie trivialement une proche. Denis, c’est pareil ! » L’autre clé du succès de Baupin, c’est d’avoir toujours su plier sans casser ni vraiment céder lors de ses bras de fer avec Delanoë. Souvenez-vous le 14 juillet 2001 : la première fermeture des voies sur berges. Il pleut pendant une semaine. Pas un pelé sur les quais bas. Et des voitures au touche-touche en haut, jour et nuit. Les taxis hurlent, la presse se déchaîne. Même émoi en août pour les sept premiers kilomètres de couloirs de bus rue de Rivoli et boulevard de Sébastopol : les travaux ont été lancés sans concertation, les places de livraison zappées. Delanoë assure alors avoir éteint le feu. Mais c’est le maire lui-même qui avait fait voter une première délibération de 40 kilomètres en juillet. La première d’une longue série de crises (lire l’encadré page 13) où Baupin sert parfois de bouclier à Bertrand Delanoë et de bouc émissaire : un succès, c’est une idée du maire. Ça dérape, c’est la faute au diable Vert. Qu’importe, il est devenu le seul interlocuteur fiable aux yeux de Delanoë parmi les grands adjoints écolos. Entre les deux hommes, il y a de l’estime. Chacun a fait le tour de l’autre. Et aucun des barons socialistes n’est encore qualifié pour s’emparer du dossier transports. Costumes sombres bien coupés, chemises tendance Six ans de mandat et 350 réunions de concertation plus tard, Baupin a- t-il changé ? Oui et non, répondrait-il en bon Normand qu’il est. En privé, il reconnaît désormais aussi les erreurs et les insuffisances. Si la circulation auto a régressé beaucoup et la pollution en conséquence, le boom hallucinant, gravement accidentogène et non maîtrisé des 2-roues moteur, la saturation de nombreuses lignes de métro, l’échec de la réforme des taxis, l’incohérence du boulevard Saint-Marcel, le plan vélo compromis et la faible fréquentation des bus n’incite pas à jouer non plus les tartarins. Le plan de déplacements de Paris prévoit d’ailleurs que toute nouvelle initiative de réduction automobile soit compensée par une offre de transports collectifs supplémentaire. « Baupin est moins techno dans les réunions de concertation », reconnaît René Dutrey, le président du groupe Verts au conseil de Paris. Plus à l’écoute, oui. Mais on ne sait pas si ce « réalo de conviction », pas hostile par principe aux immeubles de grande hauteur, reste ou non structuré en profondeur par le malthusianisme de nombre de ses amis. Par cette obsession du toujours moins : de bureaux, de densité, de commerces de gros… En tout cas, l’adjoint a renoncé à son look écolo baba cool. « Il achetait d’horribles pulls jacquard acrylique sur les marchés dix ans après la mode », se souvient Dominique Voynet. Aujourd’hui, ce sont des costumes sombres bien coupés et des chemises tendance. Ou presque : le gros pull jeté sur ses épaules n’est jamais loin. L’année 2007 sera décisive pour Baupin : le 6 mai, jour du 2 e tour de la présidentielle, il attend la naissance d’un fils. Heureux événement pour la famille de l’adjoint. Comme pour toutes les jeunes familles avec poussettes, condamnées à l’escalade dans les escaliers du métro. Ses dates 1962 Naissance à Cherbourg D’un père comptable et d’une mère secrétaire de mairie. Quatre frères suivront. 1981 Vote pour Laguiller Brice Lalonde est trop « droitier » pour lui . Il intègre Centrale. 1984 Objecteur de conscience Au sein de l’association Solagral (Solidarité agricole et alimentaire). 1989 Adhésion aux Verts A Saint-Denis (93) où il dirige l’association Terre des Hommes. 1990 Rencontre avec Voynet Il est collaborateur du groupe Vert à Bruxelles, elle en est la secrétaire générale. 1995 Premier mandat Conseiller d’arrondissement dans le 20e. 1997 Ministère de l’Environnement Conseiller au cabinet de Dominique Voynet. 1999 Législative partielle Dans le 20 e contre Michel Charzat. Il se coupe définitivement la barbe. 2001 Adjoint aux transports De Bertrand Delanoë à la mairie de Paris. Premiers couloirs de bus. 2007 Vote du PDP au conseil de Paris Le plan de déplacements de Paris est enfin adopté. "Il a une culture préfectorale de la ville, qui administre impeccablement, mais sans tenir compte du terrain." Michel Charzat, maire PS du 20e Auto-obsession C’est chaque fois la même rengaine. Lors de nos entretiens avec Denis Baupin, l’argument balancé sur un ton qui ne souffre aucune contradiction refait immanquablement surface dans la bouche de l’élu Vert : « Cela vous fait quoi d’appartenir à l’Automobile Club de France ? » Chaque semaine, Denis Baupin commence la lecture de nos pages par celle des publicités pour constructeurs automobiles. Il en tient même une comptabilité précise. La preuve de notre compromission. Après tout, chacun ses obsessions. Mais qui finance le système de vélos en libre-service souhaité par la Mairie, si ce n’est la publicité et accessoirement celle pour les constructeurs auto ? Tintin au pays des voitures Dans la gueule du loup. Pour la troisième fois depuis 2001, Denis Baupin, l’adjoint à la circulation, a droit à son petit tour au Mondial de l’Automobile. Le pourfendeur des 4 x 4 plonge au royaume des grosses cylindrées et des belles carrosseries. Aux caméras de TF1 qui s’en amusent, il répond sans rire : « Je discute aussi avec les chasseurs et les pronucléaires. » La visite 2006 se fait au pas de charge, c’est Bertrand Delanoë qui mène le bal. Devant une Citroën dernier cri, le maire charrie : « Je me tourne vers Denis pour savoir s’il trouve le modèle joli. » Baupin, chafouin : « C’est une œuvre d’art. » Puis il se tourne vers l’hôtesse qui fait la promo du véhicule : « Et ça roule jusqu’à combien ? 250 km/h ! Et ça sert à quoi de rouler jusqu’à 250 km/h ? » Même la nouvelle Mégane au bioéthanol lui paraît suspecte : avant de quitter le stand, il jette discrètement un œil à sa vitesse maximale. Conclusion à la sortie du Parc des Expositions de la porte de Versailles : « On voit de beaux joujoux mais totalement inadaptés. Des bolides qui surconsomment et surpolluent. Si les constructeurs n’évoluent pas, demain le salon de l’automobile deviendra le musée de l’automobile. » L’avenir en vert, quoi. Denis Baupin vu par… Françoise de Panafieu candidate de l’UMP aux municipales « Je retrouve chez Denis Baupin le même travers que chez Yves Contassot : “Nous détenons la vérité, nous devons agir pour le bien de la population.” Tous ceux qui ne partagent pas leur point de vue sont suspects. Les Verts de l’Hôtel de Ville sont déconnectés du terrain. Ce sont des poissons froids. » Jean-Pierre Orfeuil chercheur à Paris-12 « Il mouille sa chemise, mais surévalue son pouvoir de faire le bien : la pollution à Paris dépend des trafics de banlieue, et l’évaluation d’Airparif montre aussi que l’amélioration de la qualité de l’air parisien doit plus aux progrès des véhicules (4/5 e ) qu’à la baisse de la circulation (1/5 e ). C’est un ingénieur qui applique à l’humain les lois de la mécanique des fluides. C’est un croyant – qui n’est pas avec lui est contre lui – qui répond par l’invective (ses contradicteurs “roulent pour la bagnole”, même quand ils font l’éloge du métro) aux critiques argumentées sur les pertes de temps, l’inefficacité de certains couloirs de bus (12 bus à l’heure de pointe rue de l’Amiral-Mouchez) et l’inégalité de traitement entre usagers, comme le stationnement résident au prix de la demi-baguette. C’est un homme politique français normal : il a une aversion marquée pour la transparence (comparez l’information disponible à Londres et Paris) et l’évaluation, il croit qu’une politique est d’abord faite de bonnes intentions, il baptise Plan de déplacements un catalogue de mesures ni évaluées ni financées, il préfère ses électeurs aux autres citoyens. » Christian Gérondeauprésident de la Fédération française des automobile-clubs « Chaque fois que nous débattons dans les médias, il m’accuse de ne pas être un démocrate. Ses arguments sont spécieux : je suis contre la politique menée par la mairie de Paris en matière de circulation. Or les Parisiens ont élu Delanoë et son équipe pour mener cette politique. Donc je ne respecte pas le suffrage universel, donc je ne suis pas un démocrate. Voilà comment il raisonne ! Il pense avoir le monopole du bien. Détenir la vérité révélée. Si vous n’avez pas la même opinion que lui, alors il vous classe dans la catégorie des méchants. » Eclats de Verts Entre le PS et les Verts, la cohabitation ne fut pas de tout repos. Retour sur quelques-unes des bisbilles qui ont jalonné les six ans de mandature. Fermeture des voies sur berges, juillet 2001 Ce fut l’avis de naissance médiatique de Denis Baupin. Trois mois après les élections municipales, sa bouille ronde déboule sur les téléviseurs : il a décidé de fermer les voies sur berges à la circulation dès le 15 juillet. Par manque d’informations, la mesure provoque embouteillages record et réactions en chaîne. Même Lionel Jospin, alors Premier ministre, s’inquiète des retombées de la grogne. « Ils ont profité de mon absence pour se faire mousser dans les médias », dira Delanoë alors en vacances à Bizerte. Au milieu de la thrombose, les écolos rebaptisent la voie Georges-Pompidou « Quai de la vélorution ». Scandale à droite qui dénonce une atteinte à la mémoire de l’ancien président. Le premier PDP, mars 2005 Dans son édition du 13 mars 2005, le « Journal du Dimanche » révèle en avant-première les projets confidentiels de la Mairie en matière de circulation. Le document est explosif : 36 mesures drastiques qui préfigurent le prochain plan de déplacements de Paris. Fermeture définitive de la voie Georges-Pompidou, interdiction aux automobilistes non résidents d’entrer dans les quatre premiers arrondissements, suppression des voies en sous-sol des Halles, mise en double sens des grands boulevards… « Un simple document de travail », tente de se justifier Denis Baupin. Trop tard ! Chez Delanoë, on s’interroge sur l’origine de la fuite. Certains maires d’arrondissement PS, « les vieux barons avec chauffeur » disent les Verts, ruent dans les brancards. Pour cause de divergences de vues au sein de la majorité, le vote du PDP, initialement prévu pour juillet 2006, sera repoussé finalement à février 2007. Logement, septembre 2005 Quelques semaines après les incendies meurtriers de l’été, lors d’un débat au conseil de Paris sur le logement social, les Verts déposent deux vœux dont celui de créer un foyer de travailleurs migrants par arrondissement. Le PS s’y oppose mais ils finissent par passer grâce au renfort des voix de l’UMP, trop contente de semer le trouble dans la majorité. Plan local d’urbanisme, juin 2006 T rop de bureaux, pas assez de logements ! Oui au logement social mais non aux tours ! Opposés au PLU qu’ils ont rebaptisés plan libéral d’urbanisme, les élus Verts, après maintes tergiversations, décident de s’abstenir sur le vote du projet. « J’ai honte », aurait dit Baupin. Ce qu’il s’empresse de démentir. Le PLU sera finalement adopté grâce à l’abstention de l’UDF. Mais dans les rangs socialistes, l’attitude des turbulents alliés finit par lasser. Eve Roger, Guillaume Malaurie, Maël Thierry, Vincent Monnier …
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Lettre de candidature de Denis Baupin envoyée aux militants verts
Cette campagne s’annonce comme un défi passionnant : revendiquer notre part du bilan et de la transformation engagée de Paris, et montrer comment nous transformerions plus profondément cette ville si on nous en confiait la responsabilité. Pour la première fois, la gauche a dirigé Paris pendant une mandature municipale. Les Verts ont largement contribué aux évolutions profondes qui ont marqué cette période et se traduisent dans des politiques visibles de tous. Sur tous les grands dossiers nous avons gardé notre autonomie de parole, imprimé notre marque et fait bouger des lignes. Notre radicalité efficace a porté ses fruits dans l’opinion publique. Les options que nous avons défendues et les débats qui ont animé la majorité municipale ont marqué la vie politique parisienne. Nous avons acquis crédibilité et notoriété. Ce sont des atouts essentiels dans une élection. Cette expérience est notre bien commun. Personne ne peut prétendre l’incarner seul-e. C’est pourquoi notre campagne sera avant tout une aventure collective. Car l’action collective est non seulement une force des Verts, un signe distinctif de notre identité en politique mais c’est aussi, pour moi, un élément indissociable de tout engagement politique, de toute envie de politique. L’aventure que nous vivons depuis 6 ans n’a pu que me renforcer dans cette conviction, tant je sais à quel point les résultats atteints dans le domaine dont je suis chargé sont dus à l’engagement commun et à la solidarité du mouvement. Si, aujourd’hui, j’aspire à cette responsabilité c’est qu’au delà de la passion qui m’anime pour la porter, je pense pouvoir faire valoir quelques compétences utiles pour l’assumer. Au cours de ces six dernières années, aux responsabilités que j’ai exercées, j’ai beaucoup appris : appris sur Paris, appris sur les politiques publiques que l’on peut mener à la tête d’une municipalité, appris sur les besoins colossaux de changement auxquels aspirent encore les Parisiens et les Parisiennes, mais appris aussi sur les rapports de force avec nos partenaires, avec nos adversaires, avec les lobbies en tout genre. Tout cela, nous l’avons aussi appris ensemble : au groupe vert au conseil de Paris, avec les élu-e-s d’arrondissement, avec les militant-e-s, dans un collectif parfois chaotique, mais toujours exigeant. C’est ce qui fait sa richesse, sa complexité, la difficulté pour nos adversaires de nous appréhender, et finalement la grande capacité que nous avons eue, tout au long de cette mandature, non seulement à peser mais aussi à obtenir des résultats concrets. Pour ce qui me concerne, mon engagement politique d’aujourd’hui est animé par la même volonté de « changer le monde » qui a motivé mes premiers engagements, il y a 20 ans, comme objecteur de conscience, puis comme militant associatif non-violent, des droits de l’Homme et tiers-mondiste, avant d’adhérer aux Verts en 1989. Cette volonté est même plus forte encore au vu des injustices qui s’aggravent, des crises majeures qui s’annoncent, et parce que maintenant je sais, mieux que jamais, au vu de mon expérience, qu’il n’y a pas de fatalité, qu’il y a possibilité d’influer sur tout cela, pour autant qu’on le veuille vraiment, et qu’on ait le courage politique de mener des réformes, même impopulaires. Face aux pollutions et aux enjeux énergétiques, aux détresses humaines, à l’exclusion, au mal-logement, aux conditions de vie insupportables de milliers d’habitants de cette ville, pourtant l’une des plus riches du monde, on doit garder une révolte intacte, et l’envie totale de se battre. Parce que nous ne croyons pas au « grand soir », à l’explosion salvatrice, nous savons que les vrais changements s’inscrivent dans la durée, dans le combat pied à pied, en gardant toujours en ligne de mire notre projet global. Telle est ma conviction que je sais partagée par une grande majorité des Verts. Chaque fois que je l’ai pu, en participant aux mobilisations pour les sans-papiers, les mal-logés, la légalisation du cannabis, ou contre la place JP2, j’ai tenu à inscrire mon action dans la globalité de notre projet et à maintenir l’équilibre entre participation aux institutions et présence dans les luttes de terrains. Je ne mésestime pas les difficultés. Paris 2008 sera difficile pour Les Verts car nous sommes « attendus au tournant ». Nos adversaires nous ont choisis comme cible privilégiée, tant notre projet est aux antipodes du leur. Et nos partenaires, qui seront nos concurrents, n’auront de cesse de limiter notre espace politique. Raison de plus pour jouer sur les atouts que sont notre crédibilité et notre visibilité en même temps que notre radicalité et la force de nos convictions. Raison de plus aussi pour porter haut et fort ce que le bilan de cette mandature doit aux Verts, à notre action et à notre pression constante. La compétition pour revendiquer nos réalisations est déjà engagée et Delanoë ne nous fera aucun cadeau, soyons en sûrs ! Je crois aussi avoir montré au cours de ces dernières années que l’adversité ne me fait pas peur. On prend des coups, on prend des risques, on s’affronte. Mais s’il y a une chose dont je suis fier, au-delà du tram ou des couloirs de bus, c’est d’avoir montré que si on fait équipe, si on est solidaire y compris dans la difficulté, si on reste fidèle à ses engagements et à ses valeurs, qu’on bosse et qu’on explique ce qu’on fait, alors on obtient des avancées, on bouscule les situations établies, on montre la voie, et ainsi on gagne en crédibilité et en adhésion. Cette mandature l’a démontré : nous savons tous que c’est de notre poids électoral que dépendra la radicalité, notamment écologique, du projet qui sera mis en œuvre dans les années qui viennent. Cela dépendra de la qualité de notre projet, du dynamisme de notre campagne, mais aussi de nous, candidats et candidates, et de ce que nous serons capables d’incarner, tous ensemble en mars 2008 et au delà, durant la prochaine mandature. Il vous appartient dorénavant de choisir celui ou celle qui, le mieux, pourra conduire cette campagne et nous mettre en situation de peser pour les années à venir à Paris. Denis Baupin …
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LE PARISIEN : Municipales : « Répondre à l’urgence environnementale et sociale »
Maintenant, c'est donc sûr: il présentera sa candidature à la candidature au cours de l'assemblée générale des Verts des 24 et 25 mars. Il sera en concurrence avec Pénélope Komites, également adjointe au maire de Paris chargée, elle, des handicapées et Véronique Dubary, élue du Xe, déléguée à la sécurité et à la prévention. Etre le symbole d'une politique antivoiture, est-ce le meilleur étendard pour partir en campagne à Paris? Denis Baupin. Ce n'est pas négatif d'être celui qui développe les transports en commun, qui veut réduire la pollution et lutter contre l'effet de serre. Les Parisiens sentent bien la nécessité de réduire la pollution. Et nous avons prouvé que notre formation politique est une force de propositions et qu'elle a aussi la capacité de les réaliser. Justement, quel bilan tirez-vous de votre action au sein de l'équipe municipale? Nous avons pu exprimer notre propre conception de la ville. Nous sommes favorables à la construction de logements plutôt que de bureaux. Nous sommes dans une philosophie de solidarité avec le reste de l'agglomération et nous avons la volonté de trouver une structure intercommunale en accord avec nos voisins. Enfin, les événements de ces derniers temps – les incendies dans les immeubles insalubres et la mobilisation des enfants de Don Quichotte- prouvent bien qu'il y a encore trop de misère à Paris. Nous voulons maintenant aller plus loin et répondre à l'urgence environnementale et sociale. Des positions qui ont parfois montré un désaccord avec le PS… Sans nous, beaucoup d'aspects de la politique des transports, du logements et de la défense de l'environnement n'auraient pas autant avancé. Nous avons toujours voulu garder notre autonomie de parole. Mais le fait d'exprimer nos différences au cours de débats devant l'opinion publique sont des aspects importants de la démocratie. En 2008, nous pourrons revendiquer notre part de bilan et présenter notre propre projet Chez les Verts, vous pensez être le meilleur candidat pour y arriver? Je ne pense pas être le plus mal placé. PROPOS RECUEILLIS PAR ERIC LE MITOUARD …
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LE JOURNAL DU DIMANCHE : Denis Baupin : « Je suis candidat aux municipales »
Oui, je suis candidat à la candidature pour être l'animateur de la campagne des Verts aux prochaines élections municipales. Je viens de l'annoncer par courrier à l'ensemble de nos adhérents. Que leur dites-vous? Je leur explique pourquoi j'ai envie d'être candidat. Et notamment qu'avec le travail accompli depuis six ans, nous avons prouvé notre crédibilité. Je veux montrer à quel point les élus Verts ont été utiles à Paris. Compte tenu du bilan en matière de transports, je ne pense pas être le plus mal placé pour le faire. Pourquoi les Parisiens devraient-ils voter pour vous? Si les politiques menées depuis six ans à Paris sont parmi les plus écologistes de France, ce n'est pas un hasard. C'est parce que nous avons le poids suffisant pour peser au sein de la majorité, en ayant présenté des listes autonomes au premier tour de 2001. Si les Parisiens souhaitent poursuivre dans cette direction, ils ont un bon moyen : le bulletin de vote vert. Quel sera votre programme? Nous sommes en train de l'élaborer collectivement, dans la ligne de notre action depuis 2001. Nous porterons une revendication forte de solidarité et de lutte contre toutes les formes de précarité. Lorsqu'on est la capitale de la cinquième puissance du monde, il n'est pas acceptable qu'il y ait encore des gens qui dorment dehors. Nous considérons que les logements sont prioritaires, et non les bureaux. Nous pensons également qu'il faut aller vers une structure intercommunale pour une agglomération plus solidaire, en la construisant dans la discussion avec nos voisins. Sur les transports, le plan de déplacements de Paris qui vient d'êtreadopté est le point d'équilibre de la majorité actuelle. Nous souhaitons aller plus loin. Nous voulons plus globalement faire de Paris la première « écocapitale » d'Europe. Que reprochez-vous aux autres partis de la majorité? Je ne suis pas dans une logique de reproche mais de confrontation des projets. Sans nous, la politique réalisée depuis 2001 à Paris n'aurait pas été aussi ambitieuse. Le Parti socialiste est encore conformiste, particulièrement sur les questions environnementales. Que pensez-vous de vos concurrents éventuels? Yves Contassot, René Dutrey, Véronique Dubarry? A ma connaissance ni Yves ni René ne sont candidats. Et puis la politique, ce n'est pas la guerre. Je veux convaincre sur un projet, pas en combattant tel ou telle. Tout le monde trouvera sa place dans la campagne, qui sera collective. A la différence de nos concurrents, qu'il s'agisse du PS ou de l'UMP, nous n'avons pas une vision pyramidale et centralisée du pouvoir. N'allez-vous pas être desservi auprès de votre base par votre image de proche du maire? Je n'ai pas l'impression d'avoir été particulièrement épargné par le PS ces dernières années … Cette campagne sera l'occasion de dire tout ce que les Verts souhaitent pour Paris. Je ne m'autocensurerai pas. Les Verts ont été exigeants, voire turbulents, pendant cette mandature, et ça n'a pas été toujours bien vécu par le maire. Mais je suis persuadé que ça a été positif pour la majorité. Le fait que les débats entre nous ont eu lieu sur la place publique a permis d'occuper une partie de l'espace que la droite aurait pu occuper. Comment jugez-vous vos concurrents de droite? Mme de Panafieu incarne cette droite nostalgique qui regrette le temps où Paris lui appartenait. Elle n'a toujours pas compris pourquoi la droite a perdu. Il n'y a qu'à voir la façon stupéfiante avec laquelle elle aborde la question des transports. Quand elle dit que le tramway est à rebours de l'histoire, alors que de nombreux maires UMP ont compris qu'il aide à améliorer les villes, on voit bien qu'elle ne comprend pas les aspirations des Parisiens. Vous n'avez pas peur d'un vote sanction des automobilistes? La moitié d'entre eux comprennent notre politique, selon les sondages. Beaucoup sont victimes de la voiture par manque de solutions alternatives et ne sont pas des pollueurs pour le plaisir. Cela dit, il est clair que les propriétaires de 4×4 ne seront sans doute pas le coeur de cible de la campagne des Verts … Dans le cadre des négociations pour les législatives, les Verts menacent les socialistes de « ruptures» au sein des exécutifs locaux. A Paris aussi? Le PS nous propose, sans argument valable, deux circonscriptions à Paris alors que nous en avions trois en 2002 (ce qui n'est que la juste représentation de nos électeurs). Quant au programme, tout est bloqué. J'espère que la raison va l'emporter. Mais s'il faut aller au conflit, on le fera. Interview Marie Quenet et Antoine Debièvre Cliquez ici pour télécharger l'article au format PDF (300Ko) …
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20 minutes : Le plan de déplacement de Paris adopté mais pas financé
Hier, lors du Conseil de Paris, l'élu a pointé «les faibles financements de l'Etat» pour les transports franciliens. Le futur contrat de projet, qui devrait être voté vendredi au conseil régional, prévoit une dotation de 802 millions d'euros de la part de l'Etat d'ici à 2013. Celui-ci avait alloué 832 millions aux transports pour le plan précédent (2000-2006). «100 euros par an et par habitant sont consacrés aux transports dans la région, alors que ce chiffre est de 400 e à Londres et Madrid», plaidait hier Denis Baupin, qui réclame «un plan Marshall pour améliorer le réseau, comparable à ce qui avait été fait dans les années 1970 pour le RER». L'UMP lui reproche de ne pas prendre ces considérations financières en compte dans son PDP, et de dresser « un catalogue de bonnes intentions », sans émettre de priorités, entre l'amélioration de la ligne 13 ou le prolongement du tramway, par exemple. L'exécutif parisien répond qu'il ne veut « opposer les deux projets », et préfère réfléchir à « de nouvelles possibilités de financement ». Il évoque le fait de « créer une taxe pour les camions qui circulent sur les autoroutes franciliennes ». Paris souhaiterait également que la région récupère la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), perçue par l'Etat, pour la réinjecter dans les transports, ce qu'évoquent aussi les élus régionaux. L'idée d'augmenter le versement transport des entreprises franciliennes est également abordée, mais cela doit passer par une loi, car son montant est plafonné. Enfin, certains parlent d'avoir plus systématiquement recours aux partenariats public-privé pour financer les plus gros projets. Magali Gruet …
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LE PARISIEN : Les maires UMP ne parlent plus à Baupin
Ce dernier exige des élus locaux qu'ils se prononcent d'ici au 1er mars sur l'implantation de dizaines de stations de vélos.«Or le dossier nous est parvenu le 12 février. Ce délai n'est pas acceptable», écrivent les huit maires de droite. «Les vacances d'hiver débutent à la fin de la semaine. Si nous voulons solliciter les conseils de quartier, il nous faut plus de temps»; insiste Françoise de Panafieu. Conséquence : «Nous nous adressons directement à vous, pour définir un échéancier conforme aux réalités car nous récusons votre adjoint comme interlocuteur», écrivent les huit maires UMP dans leur missive à Bertrand Delanoë. Il faut dire que la veille, tard dans la soirée, lorsque Jean- François Legaret, le maire du 1er, avait soulevé ce problème, Denis Baupin avait répondu : «lorsque je vois comment Jean Tiberi mène la consultation dans son arrondissement, quinze jours de consultation, c'est déjà quatorze jours de trop !» …
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LA CROIX : L’homme qui fait peur aux automobilistes
Au printemps dernier, Denis Baupin avait reçu un «hérisson de cristal» décerné par l'association France Nature Environnement en récompense de son action pour la réduction de la circulation automobile dans la capitale … Des piquants peut-être pas inutiles pour se défendre contre les attaques de ses nombreux détracteurs. «Khmer vert », «ayatollah anti-voitures», voilà quelques-unes des épithètes qui lui sont fréquemment attribuées. Adjoint Vert chargé des transports, Denis Baupin est sans doute, à 44 ans, le collaborateur le plus connu du maire, Bertrand Delanoë (PS), pour le meilleur et pour le pire. Ses actions en matière de circulation, particulièrement volontaristes, ont déchaîné les passions au point même que certains socialistes murmurent qu'il pourrait devenir le «talon d'Achille» de la municipalité lors des prochaines élections municipales. Ce centralien né à Cherbourg (Manche) en 1962 s'est engagé en politique qu'en 1989, adhérant aux Verts après un long parcours associatif: militantisme à Amnesty lnternational; objecteur de conscience dans une ONG, directeur de Terre des hommes France … Expert du groupe des Verts à Bruxelles, coorganisateur du sommet planétaire à Rio en 1992, conseiller de Dominique Voynet au ministère de l'environnement, Denis Baupin devient en 2001 le «monsieur circulation» de Bertrand Delanoë. Cohérent, il roule à vélo, marche ou emprunte le métro. On dit qu'il déteste prendre la voiture. Et qu'il rêve de devenir le prochain ministre des transports d'une majorité plurielle de gauc …
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AFP : Plan de déplacements : la fin du « tout automobile » devant le conseil de Paris
Ce texte a été voté par les élus PS, radicaux de gauche, Verts, MRC et communistes, l'UMP a voté contre et l'UDF s'est abstenue. Elaboré après deux ans de concertation et remanié à la demande du maire PS Bertrand Delanoë, ce PDP, à l'échelle de l'agglomération, veut répondre à ce que le maire a appelé un "défi de santé publique": faire baisser de 60% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. Sous la houlette de l'adjoint Vert aux Transports Denis Baupin, il intègre comme une "urgence" la nécessité de faire évoluer les modes de transport vers davantage de collectif. M. Baupin a ainsi jugé venu "le moment de sortir de la civilisation du tout automobile". Le débat, devenu vif en soirée, a donné un avant-goût des municipales, ce que le maire a résumé par le choix "entre une équipe qui veut la prolongation du tramway et une qui ne la veut pas". Quelque 290 amendements ont été déposés, dont l'exécutif a repris 49 à son compte, notamment la proposition des Verts de prolonger le tramway des Maréchaux vers Asnières d'ici 2013, le dédoublement de la ligne 13 du métro avant 2014, la gratuité des transports pour les personnes sous le seuil de pauvreté et les chômeurs, ou la création d'un programme de rues piétonnes. De même, il a repris la proposition UDF de créer une 6ème ligne de RER dite Esope entre Saint-Lazare et la gare Montparnasse. Le PDP ne pourra en tout état de cause être définitivement applicable qu'après enquête publique et un nouveau vote des élus parisiens, soit après les municipales de 2008. Ce qui a fait dire à Jean-François Legaret (UMP) que ce débat était un "exercice très artificiel". Bertrand Delanoë a fait valoir que les transports en commun étaient, dans ce plan, "renforcés dans des proportions beaucoup plus importantes que la baisse très raisonnable prévue pour le trafic automobile". L'opposition UMP, en accord avec les objectifs mais pas avec les moyens, devait voter contre ce PDP. Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie, a qualifié le PDP de "baroud d'honneur d'une politique à bout de souffle". Elle s'est opposée à une extension du tramway des Maréchaux, jugeant plus urgente une rocade de métro en petite couronne et le dédoublement de la ligne 13, saturée. Laurence Douvin (UMP) a estimé que ce PDP "est mortifère pour l'économie parisienne", notamment à cause de "la pénurie de stationnement". Selon elle, 80% des mesures de ce plan ne relèvent pas "de la seule compétence de la Ville de Paris". Didier Bariani, chef de file de l'UDF, qui devrait s'abstenir, a critiqué un projet qui "s'égare dans les méthodes et se trompe d'état d'esprit". En plus d'Esope, il s'est dit favorable à un "busway" (tramway sur roues guidé par laser) entre les gares d'Austerlitz et de Lyon. …
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BIOFRAIS : Comment optimiser les déplacements des marchandises
Les transports sont un facteur déterminant de l'activité économique, de la dynamique commerciale et de l'emploi. Les entreprises et les salariés ont un rôle essentiel à jouer dans une meilleure maîtrise des déplacements à Paris. Commerces, artisanat, activités touristiques… les solutions doivent être mises en œuvre pour faciliter l'activité tout en réduisant les nuisances pour tous. Pour en savoir plus, le site du débat : http://www.debatdeplacements.paris.fr Selon une enquête de l'INSEE réalisée fin 2002, 54% des ménages se disent gênés par le bruit à leur domicile. Le bruit de la circulation automobile ressort comme la nuisance sonore la plus largement ressentie, notamment à Paris, où l'environnement bâti dense favorise l'amplification du bruit par réverbération acoustique. Selon la carte du bruit, élaborée par les services de la Ville de Paris à l'occasion de l'adoption du Plan bruit, la moitié des Parisiens habite le long de voies bruyantes. Au-delà de l‘atteinte à la qualité de vie, l'exposition prolongée à un bruit élevé peut avoir des effets néfastes sur la santé et occasionner des troubles du sommeil. Le bruit est aussi un frein important à la mixité sociale car son incidence sur les valeurs immobilières a pour effet d'accentuer les différences de loyers entre les quartiers calmes et les quartiers bruyants et défavorisés de la couronne parisienne. L'échelle pertinente du PDP ne se réduit pas aux limites administratives de Paris. Penser les déplacements dans Paris suppose de prendre en compte le fonctionnement de l'agglomération, en particulier de la zone dense. Tout cet espace central, comprenant Paris et la majeure partie des trois départements limitrophes, est en effet composé de territoires interdépendants. Les échanges de biens comme de personnes s'y effectuent de manière intense : 47% de la population francilienne y résident, 60% des emplois de la région s'y concentrent, 90% des déplacements en transport en commun s'y effectuent, enfin, 54% du parc immobilier s'y situent. Driss Ouahmani …
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LIBERATION : Metrophérique : objectif 2020
La gauche parisienne persiste et signe. Elle a approuvé hier, sans état d'âme, le projet de Plan de déplacements de Paris (PDP) qui explique, en détail, par quels moyens la circulation automobile dans la capitale pourra être diminuée de 40 % d'ici à 2020. La plupart des « préconisations » et des « recommandations» de ce PDP désignent des actions engageant également l'Etat, la région, ou la RATP. Pour être applicable, il devra en outre faire l'objet d'un nouveau vote après les municipales de 2008. En attendant, hier, l'UMP a voté contre et l'UDF s'est abstenue. Le maire socialiste Bertrand Delanoë, candidat probable à sa propre succession, a indiqué que ce projet s'inscrivait dans la continuité de la politique qu'il conduit depuis 2001 avec son adjoint au transport, le Vert Denis Baupin. Bête noire de l'opposition UMP, ce dernier a eu droit à un hommage «pour le travail courageux qu'il a réalisé avec intelligence et pugnacité». Mais Delanoë a pris soin d'indiquer qu'il n'était pas insensible aux critiques de certains socialistes, inquiets de l'exaspération persistante de nombreux automobilistes : «Notre document propose d'ici à 2020 des objectifs ambitieux, pour améliorer la mobilité durable, en diversifiant l'offre de déplacements. Il pose un principe clair : toute restriction de la circulation automobile sera compensée par une offre supplémentaire de transports collectifs . » Initialement programmé à l'automne 2006, le PDP avait été reporté pour de nouvelles concertations qui auront permis de nuancer le projet controversé de fermeture à la circulation de la voie express sur les berges de la Seine. Cette autoroute urbaine ne sera pas «interdite à la circulation automobile» tant que le trafic routier n'aura pu être abaissé «grâce à l'augmentation de l'offre alternative». L'opposition UMP a qualifié le PDP de «baroud d'honneur d'une politique à bout de souffle» . Delanoë prétend agir pour un développement durable. Il vise à l'horizon 2020 une baisse de 60 % des émissions de gaz à effet de serre et s'étonne qu'on puisse «signer le pacte écologique de Nicolas Hulot et… déclamer les argumentaires de l'Automobile Club, lorsqu'il s'agit de Paris». La capitale est en campagne. Par Alain AUFFRAY …
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